Biographie


Né à Paris en 1958
Peintre Officiel de la Marine agrée en 2018


Thierry des Ouches devient photographe professionnel à l’âge de 20 ans. Autodidacte, sa vie personnelle et sa carrière sont intimement liées.
Il est l’auteur de trois romans et d’une quinzaine de livres de photographie dont « Vaches » préfacé par Eliott Erwitt, « France »  par Philippe Delerm, ou « Requiem » par Jeanloup Sieff.
Il réalise des courts métrages, le film du Sidaction avec Fanny Ardant et Barbara, ainsi qu’une centaine d’expositions, notamment Place Vendôme, sur l’esplanade des Invalides ou à la BNF à l’occasion de l’entrée d’une partie de son œuvre dans les Collections permanentes.
Thierry des Ouches est également l’auteur de très nombreuses campagnes de publicité régulièrement primées. Pour « Les adieux de la 4 L », il obtient un Lion d’or au festival de Cannes en 1993.
Nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2002. Une exposition rétrospective lui est consacrée en 2010.

Thierry des Ouches vu par…

« ... En regardant les photographies de Thierry des Ouches, je réagis à ses subtiles images qui quel que soit les sujets qu’elles représentent, sont des documents visuels à la fois magnifiques et substantiel ... Dans les photos de Thierry des Ouches, on trouve le style, l’âme, la composition et ce petit plus de magie, essentiel et si difficile à saisir, qui donne vie aux images et les rend inoubliables. »
Elliott Erwitt

 « C’est comme ça dans les photos de Thierry des Ouches : les sensations débordent des images, car ses images sont la vie ... L’atelier sent l’essence, on entend le bruit d’été des boules de pétanques sur la place au grand soleil, les petits hôtels déglingués et les verrières immenses des façades modernes ont le même frémissement, une espèce de pulsation sourde, irrigant les artères de l’espace. Les hommes, les femmes, les enfants et les vaches se promènent en confiance dans leur territoire. Carottes et navets, des rides à la surface d’une main, un passage à niveau, un ballon de rouge, des paquets de Gitanes, des voitures abandonnées. La rouille est belle avec le bleu. Les routes de campagnes sont tragiques parfois, luisantes, abstraites sous la pluie glacée ...Il n’y a pas dans ces images une morale du regard, mais la vie même avec ses mises en scènes inattendues, le grave et le léger réconcilié ... Il y a comme ça des évidences : dans les photographies de Thierry des Ouches, le temps s’arrête et palpite à la fois. »
Philippe Delerm

« ... Moi qui ne fais que des photographies en noir et blanc, j’ai regardé son travail empli d’appréhension et j’ai miraculeusement découvert que la couleur existait et pouvait même être utilisée d’une manière non agressive avec intelligence et sensibilité. Mon austère univers en noir et blanc s’écroulait, oui la couleur pouvait n’être pas anecdotique et devenir même essentielle ! J’en veux beaucoup à Thierry des Ouches d’avoir miné mes certitudes ... »
Jeanloup Sieff
 « Dans le cadre du Mois de la Photo, la Bibliothèque Nationale de France choisit de porter un regard sur la France contemporaine à travers l’œuvre du photographe Thierry des Ouches dont ses tirages viennent de rentrer dans les collections du département des Estampes et de la Photographie. Son œuvre est un de ces regards singuliers animés par le plaisir. Plaisir de raconter, de construire un récit, de partager des émotions. Il ne s’intéresse ni aux paysages lointains, ni aux conflits qui agitent le monde, mais regarde plutôt la vie de tous les jours, les variations de la lumière ou les visages de ses contemporaines avec un œil amusé et émerveillé. Il cultive son exotisme de proximité et la photographie est avant tout pour des Ouches, un acte de sympathie immédiat dans la fugacité de l’instant. »
Jean-Pierre Angremy de l’Académie Française. Président de la Bibliothèque Nationale de France.

« Thierry des Ouches est un excellent photographe et comme quelques prestigieux confères, Doisneau, ou Depardon, il a l’art de capter l’esprit même de cette France d’entre deux. Celle-là même qui révèle son Histoire, sa nostalgie, sa part d’enfance, son immuabilité. Alors, quand il écrit son troisième roman Le Fonctionnaire amoureux, (parce qu’il a aussi découvert que parfois les mots photographient mieux qu’une image ou, en tout cas, saisissent ce qu’un objectif ne peut capter), on ne peut que regretter la disparition de Serrault et Tchernia. Serrault aurait été magnifique dans le rôle de Charlie, contrôleur à la SNCF, sur la ligne Langres/Colombey-les-Deux-Églises, marié à Charlène, et qui tombe amoureux de la belle Juliette. Et Tchernia, qui aurait été impérial en réalisateur de cette comédie d’entre deux – entre jubilation et amertume, entre petitesse et immensité. Thierry des Ouches est délicieusement amoral dans cette fable où plus nos rêves sont grands plus ils nous broient et où la beauté cache souvent quelques redoutables poisons.
Et c’est là la réussite du livre. De faire un Tchernia qui finit en Chabrol. Toujours avec Serrault dans le rôle principal. »
Grégoire Delacourt

« ... Ce qui frappe dans l’œuvre de Thierry des Ouches, c’est une douce sensation de solitude. Il n’y a pas de foule dans son univers, on sent bien qu’il la fuit, pas d’attroupement non plus, les modèles sont souvent seuls, les tables ne portent qu’un couvert, un seul verre attend celui qui viendra s’y asseoir, buveur dont on ne peut voir que la main... Dans son univers, les volets des maisons sont souvent clos, les façades un peu décrépies. La présence humaine y est souvent suggérée au ras du sol, à hauteur des souliers des passants ou des pigeons ...
L’artiste qui très humblement assure ne pas être cultivé, ne fréquenter ni les musées ni les expositions, porte en lui néanmoins de façon innée, des héritages picturaux : cette science de la composition à la manière des maîtres de la Nature Morte, où chaque chose doit occuper sa place, se répondre, se compléter ou s’opposer avec cette recherche incomparable de la lumière, du cadrage et des matières. Ainsi constitue-t-il ses diptyques et triptyques à la manière des maîtres anciens... Thierry des Ouches fait corps avec la photographie dans un rapport presque charnel ... »
Christophe Vital - Conservateur en chef du patrimoine, conservateur des musées de la Vendée.

« Thierry des Ouches lorsqu’il photographie, ne rassemble pas des sujets, il rapproche des formes et des couleurs, évoque des matières et des lumières. Sa quête n’est pas celle de la réalité mais celle d’une esthétique. Ses images souvent épurées sont réduites à l’essentiel : des esquisses à la manière des dessins jetés sur le papier où la structure le dispute à la matière, à ce moment précis où le rêve et l’évocation ont encore la part belle. Quand il choisit de s’emparer de la couleur, c’est plutôt à la source de la peinture abstraite du milieu du XXe siècle qu’il va puiser, à la recherche de formes géométriques simples, animées de l’intérieur par les correspondances de couleurs.... En ce sens, il prend sa place dans la lignée des photographes humanistes qui, comme le disait si joliment Marie de Thézy, sont « des naïfs qui ouvrent toutes grandes leurs portes sur l’extérieur, posant sur le monde et sur l’homme, un regard ébloui ». Thierry des Ouches voit l’aboutissement de son œuvre dans le dialogue des images les unes avec les autres, qu’il s’agisse des correspondances de lignes ou de couleurs ou des rapprochements d’idées qui font jaillir le sens. »
Anne Sanciaud-Azanza Conservateur au département des Estampes et de la photographie à la BNF

Thierry des Ouches, diplômé de « l'école de l'imaginaire », en pur autodidacte n'appartient à aucun système, à aucune mode.
Portraits de femmes, souriantes ou lointaines, paysages déserts et ventilés, scènes de la vie quotidienne, un verre de vin, une pose lascive ou rêveuse, des gouttes de pluie sur une vitre, jouant des lumières, de l'intime et du contraste.
A partir « d'un petit rien », l’artiste imagine un monde parallèle qui emprunte toujours des éléments au réel : Thierry des Ouches sublime l'ordinaire.
Claire Gilly. Le Monde.fr